Leo Castelli

PORTRAIT DE LEO CASTELLI (1907 - 1999)

LA FIGURE LA PLUS INFLUENTE DE L'ART AMÉRICAIN DU XX SIÈCLE


Immortalisé ci-dessus par Warhol, le collectionneur, galeriste et marchand d'art, Leo Castelli fut pendant quarante ans l’un des personnages clés de l’art de son temps et le plus important promoteur de l'art américain. MyStudiolo retrace l'ascension de ce personnage flamboyant en :

6 dates clés 4 oeuvres 3 anecdotes 1 citation

1907 Né Leo Krausz dans une famille juive de Trieste, d’un père directeur de banque d’origine hongroise et d’une mère toscane, Leo Castelli entre dans une compagnie d’assurances à Bucarest pour faire plaisir à son père. Il épouse là-bas Ileana Sonnabend - fille d’un riche hommes d’affaires - qui l'introduira au monde de l'art parisien dès 1935.

1939 Associé à René Drouin, il ouvre une galerie située place Vendôme. Inspirée par la galerie Gradiva créée par André Breton et Marcel Duchamp, leur première exposition mêle meubles anciens et tableaux de ses amis surréalistes tel Max Ernst. Un article dans le très chic magazine Harper's Bazaar donne à l'événement une ampleur inattendue.

1951 Arrivé dix ans plus tôt aux USA pour fuir la guerre, Leo accumule les expériences dans ses activités d'amateur éclairé. Commissaire de l'exposition très réussie "9th Street Show" réunissant 60 jeunes artistes américains dont Jackson Pollock, Willem de Kooning ou Franz Kline, il constitue un véritable "who's who" du mouvement expressionniste abstrait. Alfred Barr, fondateur et directeur du MoMA, le consacre comme "découvreur de talents".

1957 À l'âge de cinquante ans, Leo ouvre son propre espace dans un étage de sa maison de Manhattan dans lequel il met en scène une confrontation entre l'art européen et l'art américain. Sa galerie éponyme rencontre un succès fulgurant et assure le lancement de Robert Rauschenberg et Jasper Johns. Il opère et orchestre la succession des mouvements artistiques américains : expressionnisme abstrait, pop art, minimalisme et art conceptuel.

1964 Il remporte un triomphe majeur à la Biennale de Venise quand son artiste Robert Rauschenberg devient le premier américain à remporter le Grand Prix. Cette réussite a stupéfait le monde de l'art et a profondément contribué à l'établissement de l'hégémonie de l'art américain qui s'est ainsi affranchi de tout complexe d'infériorité par rapport à l'Europe.

1971 Il installe sa galerie au 420 West Broadway dans le quartier de Soho, loin d'être le quartier huppé d'aujourd'hui. Ce transfert, suivi par l'ouverture d'autre galeries, marque l'apogée du règne Castelli. Il dispose d'un programme, d'un réseau mondial grâce à ses "friends galleries" et d'une culture historique sans égal parmi ses concurrents américains. Loin de prendre sa retraite, Leo Castelli est mort en pleine gloire à l'âge de 92 ans.





Robert Rauschenberg, Buffalo II, 1964

Dan Flavin, Untitled (For Leo Castelli) 3, 1989 Jasper Johns, Three Flags, 1958 Roy Lichtenstein, Girl in mirror, 1963


ANECDOTES



  • Leo Castelli avait une vraie passion et empathie pour ses artistes. Il fut le premier à mettre en place un système d'allocations régulières qu'il versait à ses artistes, que leurs oeuvres soient vendues ou non, afin qu'ils aient une totale liberté de création.

  • Il était également excellent orateur. Willem de Kooning, en plaisantant, lui avait soumis qu'il pourrait vendre n'importe quoi comme des cannettes de bière. Jasper Johns a pris le défi au sérieux en réalisant une sculpture. Castelli les a vendues.

  • Castelli a obtenu sa citoyenneté américaine en travaillant pour le Bureau des services stratégiques (le précurseur de la CIA) pendant la Seconde Guerre mondiale grâce à ses talents de polyglotte :"il faut avoir un bon oeil mais aussi une bonne oreille" disait-il.



« Il y avait des opportunités partout dans le monde. »


Leo Castelli



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