La Famille Stein

LA FAMILLE STEIN

COLLECTIONNEURS DE COEUR ET DE GÉNIE


La famille Stein est une fratrie constituée de Leo, Gertrude, Michael et sa femme Sarah. Ces quatre américains s'installèrent à Paris au début du XXème siècle. Cultivés, bohèmes, sensibles et peut soucieux des normes sociales, ils constitueront l'une des plus belles collections d'art moderne. Car les Stein ont le don de repérer les talents futurs comme Henri Matisse et Pablo Picasso, et surtout, d'acheter avec le coeur.

MyStudiolo retrace la vie de cette fratrie emblématique de la frénésie artistique du début du XXème siècle, qui a joué le rôle de passerelle entre l'Europe et les États-Unis :


6 dates clés 4 oeuvres 3 anecdotes 1 citation

1902 Leo emménage au 27 rue de Fleurus à Paris. Il meubla ce studio de tapis et de meubles anciens qu'il avait acquis en Italie. Gertrude le rejoint à l'automne 1903, et l'atelier devient un espace de travail partagé où Leo peint et Gertrude écrit. L'année suivante, Michael, l'aîné, et Sarah, sa femme, traversent à leur tour l'Atlantique, emménageant dans le même quartier, rue Madame. Entraîné par Leo, l’instigateur de la collection familiale, le clan court galeries et Salons, en quête de nouveaux talents.


1905 L'achat de Femme au chapeau de Matisse par Leo en 1905 est considéré comme l'acte fondateur de la collection Stein. Acheté pendant le Salon d'Automne, ce portrait aux couleurs vives provoque le scandale et démontre l'audace dont fera preuve la famille dans ses choix artistiques. Au même moment, Leo découvre Picasso et acquiert les toiles majeures du peintre, pas encore coté sur le marché. Entre 1905 et 1920, près de 600 tableaux vont passer entre leurs mains : Des Matisse, des Picasso, des Renoir, des Gauguin, des Gris...


1906 Pour montrer leurs découvertes, les Stein tiennent salon le samedi : Michael et Sarah, à 18 heures, Gertrude et Leo, à 21 heures. Les murs sont recouverts de tableaux de Cézanne, Toulouse-Lautrec, Vallotton, Gauguin, Picasso ou Matisse. Le Tout-Paris artistique s'y presse tout comme les Américains. Aucun de ces artistes n'étaient présentés au Musée du Luxembourg pourtant seul musée dédié à l'art contemporain. Leurs appartements sont donc des alternatives donnant accès à l'art de l'avant-garde parisienne à des centaines de personnes qui autrement n'auraient peut-être pas eu la chance de le voir...


1913 Mais Gertrude vole bientôt la vedette à son frère. Son amitié avec Picasso, son soutien au mouvement Cubiste que Leo considère être une "profonde abomination" ainsi que sa liaison avec sa secrétaire Alice Toklas brouillent définitivement Leo et Gertrude. Ils divisent leur collection. Gertrude garde les tableaux de Picasso et Leo retourne en Italie avec seize Renoir - «Un bagage plutôt amusant pour un leader du grand combat moderne», concéda-t-il. Ils ne se reverront jamais.


1918 La Première Guerre mondiale a eu un impact dévastateur sur la collection de Sarah et Michael. Bien qu'ils aient acquis un peu plus de Matisse, ils n'avaient ni les ressources financières ni le dynamisme nécessaires pour redonner à leur collection son ancienne gloire. La collection de Renoir de Leo est en partie spoliée par le marchand d'art Barnes. Les moyens financiers de Gertrude ne lui permettent plus de s'offrir des Picasso. Elle jette alors son dévolu sur Juan Gris, Balthus et Picabia. Surtout, elle écrit. Le mythe Gertrude Stein commence. La personnalité de cette intellectuelle américaine, vivant librement avec une autre femme, fascine.


2011 À eux quatre, les Stein ont collectionné plusieurs centaines de tableaux. De tous, seule Gertrude a réussi à conserver l'essentiel de sa collection tout au long de sa vie. Si sa réputation a occulté les parcours de sa fratrie, la vérité sur les Stein est rétablie grâce à une exposition d'envergure internationale organisée par le Grand Palais, le Musée d'Art Moderne de San Francisco - ville natale des Stein - et le Metropolitan Museum of Art de New York.



Henri Matisse, La femme au chapeau, 1905

Pablo Picasso, Meneur de cheval nu, 1905-06

Juan Gris, L'échiquier, 1915

Pierre-Augustre Renoir, La tasse de chocolat, 1912



ANECDOTES



  • De tous les Stein, c'est Gertrude qui aimait le plus prendre la pose. Elle devra endurer 90 séances dans l'atelier glacial du Bateau-Lavoir pour que Picasso lui peigne son portrait. Devant l'étonnement de Gertrude face au chef-d'oeuvre, il s'exclame : "Vous verrez, vous finirez par y ressembler !" et il ne s'est pas trompé.


  • Quand elle se brouille définitivement avec son frère Leo, en 1913, le partage des tableaux se heurte sur Cinq pommes de Cézanne, qu’ils veulent l’un et l’autre. Gertrude finit par y renoncer. Pour la consoler, Picasso lui offrit à Noël une aquarelle représentant une pomme. Elle la conserva toute sa vie.


  • Au départ, quand Léo découvre le travail de Picasso, Gertrude désapprouve totalement son soutien. Mais en 1912, Leo fait un célèbre volte-face à propos du travail cubiste du peintre. Alors que Gertrude soutient Picasso, Leo, pourtant ardent défenseur du modernisme, se désintéresse de ce courant artistique novateur.


« Quand j'étais en Amérique, je faisais pour la première fois de continuels voyages en avion. J'ai vu là, sur la terre, les lignes mêlées de Picasso, aller, venir, se développer et se détruire ; j'ai vu les solutions simplifiées de Braque, la ligne errante de Masson. »


Gertrude Stein



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